Un état différent de la veille, un état différent du sommeil

Sous hypnose nos perceptions se modifient : c’est le cas quand nous demandons à une personnes de plonger la main dans un bain d’eau chaude et qu’elle ne ressent absolument rien. C’est également le cas lorsque sous hypnose nous désactivons les zones cérébrales liées aux couleurs et que la personne hypnotisée peut percevoir la réalité en gris par exemple. Nombreuses choses qui à l’état de veille ou de sommeil sont impossibles. Nous savons également que lorsque nous pratiquons ce que nous appelons une régression en hypnose, la personne est capable de revivre des expériences du passé à l’âge qu’elle avait quand ça s’est passé.

En fait, l’état particulier dans lequel nous plonge l’hypnose transforme la façon dont nous allons interagir avec notre environnement.

*Dans une étude publiée en janvier 2008, des chercheurs israéliens ont proposé à des personnes volontaires de vivre une séance d’hypnose, alors qu’elles étaient dans une machine d’IRM et qu’on leur avait demandé d’oublier sciemment certains éléments d’une scène de film vue une semaine plus tôt. 

Résultat: leurs souvenirs s’effaçaient sur simple demande.

Sous hypnose, nous sommes capables de modifier la façon dont nous interagissons avec le monde, notre environnement, nos capacités, et surtout avec nous-même.

C’est aussi le contrôle de notre corps que nous pouvons apprendre à orienter autrement sous hypnose.

Lever un bras sur demande sous hypnose donne la sensation qu’il se lève tout seul! L’explication à cet étrange phénomène est très rationnelle: en état hypnotique, le cortex moteur – la partie de notre cerveau qui commande les actions et les planifie – est toujours actif, alors que la zone liée à la conscience de l’action ne l’est pas. Du moins, pas avant que l’action ne soit effectuée. Mais elle l’est juste après, de la même façon qu’elle se produit quand quelqu’un vous soulève un bras brusquement, sans vous prévenir.

L’hypnose nous fait gagner un autre sens des réalités et accroît notre imaginaire. Pour la médecine actuelle, cet état représente surtout un atout formidable pour traiter la douleur. Sous hypnose, l’activation du cortex cingulaire antérieur (structure cérébrale qui permet de moduler la douleur) peut être modulé par le simple fait de dire au patient, sans le faire, que l’on augmente la température de l’eau dans laquelle sa main est plongée. Du coup, l’activité de cette structure augmente lorsque le sujet perçoit une douleur plus intense, comme pour lui permettre de mieux gérer la douleur, l’accepter et la supporter.

Il semblerait que l’hypnose intervienne aussi au niveau des nerfs, par exemple, lorsqu’on nous pique la jambe: l’information qui va du nerf à la moelle épinière se trouve alors modifiée. Cette voie de recherche soulève de nombreux espoirs pour la rééducation des patients.

Evidemment, le champ d’action de l’hypnose ne se limite pas qu’à cela ! Le champ d’application est très grand et les possibilités ne cessent de croître. En dehors de l’aspect purement médical de l’hypnose, elle est aussi très utile en ce qui concerne :

  • L’amélioration de la concentration,
  • L’accroissement de l’efficacité,
  • L’améliorer de la confiance en soi,
  • La gestion d’habitudes indésirables,
  • Le dépassement du trac,
  • La préparation à un examen ou à un entretien,
  • L’arrêt du tabac,
  • La perte de poids,
  • La gestion du stress et des émotions
  • L’arrêt d’une phobie,
  • Le dépassement d’angoisses,

*A. Mendelsohn, Y. Chalamish, A. Solomonovich, & Y. Dudai. Mesmerizing Memories: Brain Substrates of Episodic Memory Suppression in  Posthypnotic Amnesia. Neuron, janvier 2008.

*http://www.mondeo.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=116&Itemid=1&ed=14